samedi 26 novembre 2011

Apprendre, sans jugement.

Il est 11h00 pm. Je m’apprête à écrire ce blog lorsqu’on cogne à ma porte. Après un moment de réflexion, je décide de laisser mon petit confort pour aller voir qui pouvait bien se tenir debout devant ma porte, si tard en soirée.
Moment de surprise et fous rires lorsque je découvre mon voisin, qui venait d’égorger sa poule , pour ensuite la faire cuire ,dans le but de la manger avec moi ce soir….11hpm…! ;-)

Vraiment, les jours se suivent et ne se ressemblent pas
mais alors  pas du tout!!

C’est ce même voisin qui m’a dit un soir;
‘’ Mais tu sais Mélanie, la lune est intelligente, elle sait compter.
Elle doit aussi éclairer les gens qui mangent dans les autres pays!!‘’

En réponse à ma question;
‘’ Mais pourquoi la lune nous éclairait  à 19h la semaine passée et maintenant elle nous éclaire seulement  à 22h?’’ 

J’aime tellement être éclairée par la lune que j’avais alors oublié qu’il arrivait à la terre de faire des rotations  ;-)

Tout comme j’avais oublié à quel point les gens font tout pour trouver la nourriture lorsqu’un soir, revenant à la maison sur la moto, j’aperçu devant moi cette montagne… en feu!!
  Le feu a été allumé par un homme qui tentait de traquer une souris. Pensant avoir trouvé une super tactique pour encercler la souris, il a plutôt su enflammer la  montagne entière,
 au plus grand désarroi des paysans des environs qui avait besoin de ces herbes pour vendre ou/et  pour fabriquer la toiture de leur maison.
  Quel spectacle dans la noirceur!!!

C’est à ce moment précis que j’ai remercié le ciel , une fois de plus, de me faire vivre ces superbes aventures d’Afrique…

Ces aventures qui , d’ailleurs, sont  de plus en plus marquées par l’intensité!
Trois mois après mon arrivée,
 je ne peux parler de mon éventuel départ sans verser de larmes.

J’ai tant de choses à écrire …
tant de choses que j’aimerais partager avec vous…
tout en sachant  pertinemment qu’aucun écrit ne saura vraiment décrire à quel point la vie à Mouda unique au monde….



Vivre en Afrique veut aussi dire apprendre une nouvelle culture et savoir s’intégrer à celle-ci du mieux qu’on le peut.

Depuis mon arrivée au village,j’ai toujours su gagner le respect
de ma nouvelle ‘’famille’ ’d’accueil …

En mangeant avec eux...et comme eux...
En parlant le français de façon articulé…
                                                   En apprenant le dialecte parlé, soit le Guiziga…
En acceptant de comprendre le pourquoi des choses à la place de juger…


Mais cette semaine, la honte a eu le dessus sur mes bonnes manières;

Nous sommes vendredi. Il est midi.
Je seconde  l’animation d’une réunion dans une école avec mon partenaire Aminou.
40 mères de familles ne parlant que le Guiziga ainsi que  l’inspecteur de l’école nous entourent.
J’anime en français et Aminou traduit le tout en Guiziga
La réunion, qui devait avoir lieu à 8h am , a finalement su débutée à 11h30.
 L’heure est élastique en Afrique;-)

Cependant, comme plusieurs de mes proches le savent déjà, mon petit corps se doit d’être  alimenter à des heures régulières, sinon,
 l’hypoglycémie laisse ses traces sur mon caractère et mon énergie.

Le réel problème ici;

Il est honteux pour les gens d’ici de mentionner qu’on a faim. On doit tolérer la faim jusqu’à ce que le moment de manger se présente. Et les gens de se plaignent pas.
Se plaindre de douleur, de peine, ou de faim est signe de faiblesse  .

 Mon voisin m’a d’ailleurs déjà mentionné un soir ;
’’ Tu as mal parce que tu es ‘nassara’. Nous les africains, nous pouvons tout supporter.
Et lorsque nous  souffrons , nous souffrons dans le silence’’

Ce vendredi-là, j’ai  su respecter la coutume……… jusqu’à 13h…!;-)

Comme je ne pouvais laisser me permettre de laisser paraître mon changement drastique de caractère devant ces gens, les larmes se sont chargées de faire le travail. Vient un temps où , si je n’écoute pas mon corps,  mon caractère change, et j’ai peine à contrôler mes émotions.
J’avais trop attendu.
 J’ai alors cessé l’animation en disant que je devais quitter les lieux, sinon, c’était la perte de conscience. Je devais manger. 
Mes larmes ont fait rire quelques femmes. 
Ici,  on ne pleure pas…et tout ‘’drame ‘’ est rapidement dédramatisé par le rire.

Mais cette fois, je n’ai su trouver l’énergie pour afficher un sourire sur mon visage.
Et d’ailleurs, à ce moment précis, j’étais  très loin de trouver quoi que ce soit drôle.
Voyant que personne ne m’avait ‘’pris au sérieux’’, je suis sorti de la salle de classe .
  C’Est à ce moment qu’Aminou et les 40 femmes présentes  ont mis terme à la rencontre pour se diriger , d’un pas des plus  alerte qui m’est été donné de voir jusqu’à présent, vers la plus proche maison d’une des mamans présente à la rencontre.
 Les femmes ont préparées la  nourriture pour moi et Aminou  , ainsi que pour toutes les personnes présentes sur les lieux du ‘’drame’’ !


Après avoir reparlé de l’évènement avec Aminou, j’ai compris la réaction des femmes.
C’est donc dire qu’à moins d’être en train de mourir,
 la maladie et les malaises n’empêchent personne de fonctionner ici…
à l’exception des ‘’nassaras’’…;-)

Les ‘’nassaras’’ sont d’ailleurs perçus comme signe de richesse monétaire.  Lorsque je vais en ville, il est plus que fréquent de tenter de me faire payer plus cher différents articles, ou encore de me faire demander , sans aucun malaise d’ailleurs, quelques Francs cfa ( devise Camerounaise). C’Est d’ailleurs sans aucune malice que les gens se risquent à la demande.

Contrairement à un voyage touristique, ce voyage humanitaire me permet maintenant de me sentir chez moi ici, en Afrique. Je me sens  dorénavant très à l’aise lorsque vient le temps de m’exprimer …que je sois en accord ou en désaccord .
  J’ai appris à connaître la culture, les coutumes, la façon de dire les choses, la façon d’interpréter les dits et les non-dits, ainsi que ce qui est acceptable ou non.

Il est très facile de juger lorsqu’on vit au Québec et que nous n’avons même aucune idée de comment se passe la vie sous le ciel de l’Afrique.
Il s’agit d’une ‘’autre planète’’ …Il s’agit d’une culture qui  s’oppose catégoriquement à la culture dans laquelle j’ai grandi…à tous niveaux.

Je suis maintenant en mesure de comprendre pourquoi les inconnus me demandent de l’argent ou des cadeaux.
Je suis maintenant en mesure de comprendre pourquoi les gens d’ici tombent facilement en amour avec la nassara.
Je suis en mesure de comprendre pourquoi les gens  rêvent de marier la canadienne et de venir vivre au Canada.
Le rêve rend les gens vivant ici. La vie est difficile. On lutte à chaque jour pour notre survie.

Partir au Canada représente une porte de sortie vers un nouveau monde…
Un monde où l’eau est potable, un monde où les habitants ont accès à la technologie, un monde où la famine n’existe pas.


Un ami m’a dit un soir;
’’ Pourquoi je ne suis pas un vrai homme, pourquoi je suis né ici, sous le ciel du Cameroun, pourquoi je ne peux pas vivre dans le monde que l’on voit dans la télévision?’’


Après tant de rencontres, tant de discussions, tant de réflexions, ces comportements, qui m’insultaient royalement à mon arrivée, me font maintenant sourire;-)
Parce que j’ai saisi que le tout est fait sans aucune malice.
J’ai saisi que c’est en prenant le temps de discuter quelques instants avec la personne qu’on apprend à la connaître, et à connaître ses intentions.


Nous avons trop souvent des idées faussement préconçues ainsi qu’un jugement trop rapide.
Le peuple africain est un peuple attachant qui adore rire et danser.  
Une joie de vivre incroyable fait vibrer corps et âmes.
Ce qui rend le travail tellement agréable ici.

 J'entrerai très prochainement dans les détails du travail que je fais ici. Il y a beaucoup à faire.
 Je comprend maintenant pourquoi on nous propose des missions de 2 ans.
Dans toutes les sphères, les gens d'ici ont besoin des ONGs
 pour les aider à développer ce magnifique pays qu'est le Cameroun.
-Animation dans les classes avec ces souriants petits anges, formation pour ces enseignants tellement dévoués, formation pour les parents, rencontres avec les élites religieuses afin de nous aider à mobiliser la population...

La vie m'a toujours passionnée.
et elle me passionne davantage depuis que je vis ce rêve d'Afrique
Mes prochains écrits tenteront de vous faire comprendre pourquoi
je suis si heureuse, si comblée.

La vie nous est prêtée...
à tous et chacun de nous de voir comment on la meuble, comment on en profite.
;-)

 ''Tu dois vivre dans le présent,
 te lancer au-devant de chaque vague,
trouver ton éternité à chaque instant''
-Henry David Thoreau-

Gros calin d'Afrique
-xox-
Mel

vendredi 11 novembre 2011

Prises de conscience...!

Bien que je considère toujours cette aventure comme un cadeau de la vie,
 la phase ‘’lune de miel’’ du début de voyage, a fait place, au cours des derniers jours,  aux divers questionnements et au sentiment d’impuissance  face à ce fossé immense entre
 richesse et pauvreté.


Assise sur mon perron, éclairé par la lune et les nombreuses étoiles, bon nombre  de mes soirées sont consacrées à ces intenses discussions, avec deux de mes voisins d’environ mon âge.
Chaque soirée a sa saveur!

Autour de quel sujet tournent plus particulièrement nos discussions?

Autour des nombreuses différences entre nos deux modes de vie….

Le mode de vie dans lequel ils ont grandi depuis l’enfance, dans l’Extrême-Nord du Cameroun
(Société; collectiviste=harmonie et solidarité.  Pouvoir; égalitaire=autorité méritée par l’expertise, le  leadership. Mobilité et innovation.
Justine; relationnelle= cas par cas, selon le contexte.  Temps; cyclique= le temps est un cadeau, les personnes passent avant.
Communication ; implicite= message indirect par indices ou proverbes, le ‘’oui’’ peut vouloir dire ‘’peut-être’’.

VS

Le mode de vie dans lequel j’ai grandi  depuis l’enfance, au Québec
(Société; individualiste= autonomie et responsabilité. Pouvoir; hiérarchique= autorité méritée selon le sexe, la classe sociale, l’âge.  Justice; juridique= traiter tous les cas semblables de même façon...jurisprudence. Ordre et stabilité.  Temps; linéaire= Le temps, c’est de l’argent. On peut le perdre, le gagner, le gaspiller.  Communication; explicite=  message direct, le ‘’oui’’ veut dire ‘’oui’’.


J’ai  appris à  connaître ces deux amis dès la première journée de mon arrivée au village,
 il y a de cela 2 mois déjà.
Nous sommes trois êtres humains qui s’apprécions  beaucoup, qui rient à chaque soir, qui avons divers intérêts, connaissances, et beaucoup de volonté également…
Deux à la peau noire, une à la peau blanche…

Pour dire vrai, vient un temps où l’on oublie  que nos peaux ont deux couleurs opposées.
  Être la seule blanche , la ‘’nassara’’, fait maintenant partie de mon quotidien. 
La seule différence maintenant est que je ne suis plus la ‘’Nassara’’.
 Je suis Mélanie!!
;-)

La complicité qui nous unit maintenant, mes voisins et moi, fait en sorte que je suis capable de répondre en toute franchise à leurs diverses questions sur la vie…sur ma vie.

En toute franchise oui…ma personne étant ainsi faite, mais avec un certain malaise bien dissimulé… car les prises de conscience me frappent de plein fouet.

Voici donc quelques  questions posées par ces attachants petits êtres de Mouda
 face à notre mode de vie occidental

-Mélanie, est-ce que tu dois puiser l’eau chez toi au Canada?
’Non, chez moi, les habitants ont l’eau courante. L’eau est potable également…même l’eau de notre cuvette…
Les gens ( et je m’inclus ici) se lavent sous un jet d’eau durant un temps indéterminé. Souvent, on ne calcule pas le temps passé sous la douche. Certains ont un bain qu’ils remplissent d’eau chaude pour se laver, ou simplement s’y plonger pour se réchauffer. Plusieurs familles ont même une piscine.’’

-C’Est quoi ‘’une piscine’’?
’Une piscine est un très gros bac d’eau froide et potable où les gens se baignent, s’amusent, se rafraichissent lorsque la température de l’air est chaude. Certaines familles ont également des piscines avec de l’eau très chaude à l’extérieur de leur maison pour se réchauffer lorsque la température de l’air est trop froide.’’

ICI À MOUDA, L’EAU EST PUISÉE ET ÉCONOMISÉE  JUSQU’À LA DERNIÈRE GOUTTE.  L’EAU EST SOUVENT INSALUBRE ET PEUT SE FAIRE RARE EN SAISON SÈCHE. LA DOUCHE SE PREND AU SCEAU, CAR IL N’Y A PAS D’EAU COURANTE.PLUSIEURS FAMILLES PRENNENT ÉGALEMENT  ‘’LA DOUCHE’’ OU FONT LA LESSIVE  DANS LES COURANTS D’EAU QUI PASSENT SOUS LES VIADUCS, SANS SE SOUCIER DES GENS ET DES VOITURES QUI CIRCULENT.
DES SCÈNES QUI FRAPPENT…



-Est-ce que les gens utilisent les chevaux et les ânes pour se déplacer?
‘’Non, les ânes n’existent pas chez moi. Certains gens ont des chevaux mais il est rare qu’ils doivent  se rendre au travail à dos de cheval. On  utilise le cheval comme animal domestique ou on les entraine pour faire de la compétition, comme des courses entre chevaux par exemple.

-Mais comment les gens se déplacent alors?
’Certaines personnes se déplacent en autobus, d’autres à pied, et d’autres encore ont assez d’argent pour s’acheter  une voiture usagée….ou une voiture nouvellement fabriquée.
On peut même en choisir la couleur  ainsi que le nombre de porte. Certaines personnes peuvent avoir assez d’argent pour s’acheter deux voitures  et payer le carburant pour les faire rouler. ’’

-À quoi ça sert d’avoir deux voitures? Une voiture n’est pas assez?
‘’ Parfois, les deux parents travaillent. Chacun a besoin de sa voiture pour se rendre au travail. Certaines personnes également ne veulent pas salir la voiture nouvellement fabriquée, alors ils en achètent une deuxième, usagée cette fois, pour l’utiliser lorsqu’il fait froid ou lorsqu’il y a de la neige’’

ICI À MOUDA, ON SE DÉPLACE À PIED. MÊME LORSQUE DES KILOMÈTRES NOUS SÉPARENT DU POINT  ’ A’  AU POINT  ’B. LES ÂNES SONT AUSSI UTILISÉS POUR LES DÉPLACEMENTS AINSI QUE  POUR LE  TRANSPORT DE MARCHANDISES.  LORSQUE LES FINANCES LE PERMETTENT,  CERTAINES PERSONNES UTILISENT LE VÉLO OU L’AUTOBUS. LES PLUS AISÉES RÉUSSISSENT À SE PAYER UNE PETITE MOTO.
S’ACHETER UNE VOITURE EST UNE IDÉE FARFELUE QUI FAIT  PARTIE DU RÊVE DE PLUSIEURS.

-Est-ce qu’il y a l’électricité chez toi au Québec?
‘’Oui. Assez d’électricité pour faire fonctionner la lumière, la télévision, l’internet, la piscine, les écoles, les magasins, les parcs d’amusements extérieurs,
les cinéma  (endroit dédié à la projection de films sur un écran géant ),  etc.
C’est pour cette raison d’ailleurs que le ciel est moins étoilé chez moi au Québec .
La lumière cache les étoiles.’’

DANS L’EXTRÊME-NORD DU CAMEROUN, L’ÉLECTRICITÉ EST TOUT SIMPLEMENT INEXISTANTE DANS PLUSIEURS VILLAGES.
LA LUNE ( QU’ON APPELLE ICI LA ‘’TORCHE’’ DE LA PLANÈTE) ÉCLAIRE NOS SOIRÉES, CE QUI REND LES SCÈNES TELLEMENT MAGIQUES.
LUNE,ÉTOILES,MONTAGNES,PETITES MAISONS EN TERRE ,
 GENS ATTACHANTS ET
SANS MALICE…DES SCÈNES MÉMORABLES.
LORSQU’UN VILLAGE A LA CHANCE D’AVOIR L’ÉLECTRICITÉ, CELLE-CI EST SOUVENT ABSENTE.
LES POTEAUX ÉLECTRIQUES SONT EN BOIS. LES TERMITES MANGENT LES POTEAUX, CE QUI LES REND TRÈS FRAGILES. LORSQUE LES VENTS SONT TROP FORTS, LES POTEAUX TOMBENT ET CELA PEUT PRENDRE DES SEMAINES AVANT QU’ON LES REMPLACE.ON PEUT TROUVER LA CONNECTION INTERNET DANS LA CAPITALE DE L’EXTRÊME-NORD(MAROUA) .

-Lorsque les gens sont malades, est-ce qu’ils ont assez d’argent pour se faire soigner?
’Cela dépend des soins, mais en général, oui. Nous avons un système de santé privé qui coûte plus cher mais qui est souvent plus rapide. Ainsi qu’un  système de santé public où l’attente est plus longue mais où les soins sont présents en tout temps. Les gens ont  une assurance maladie obligatoire également. Ils n’ont donc pas à défrayer pour certains frais et épargnent pour d’autres frais. La plupart des gens ont  assez d’argent pour faire nettoyer leurs dents par un dentiste  également. ’’

AU VILLAGE, J’ENTENDS  À CHAQUE SEMAINE CETTE HISTOIRE OÙ LE MEDECIN A LAISSÉ  MOURIR UN ENFANT MALADE À L’HÔPITAL, SOUS LES YEUX ET LES CRIS IMPUISSANTS DES PARENTS, QUI, MALGRÉ LA VENTE DE LEURS RÉCOLTES DE MIL, N’ONT PU RAMASSER ASSEZ D’ARGENT POUR PAYER LES SOINS MÉDICAUX.  LE VACCIN QUI AURAIT SAUVÉ L’ENFANT N’A PU ÊTRE DONNÉ, FAUTE D’ARGENT. LA MALADIE FAIT DES RAVAGES ICI, ENFANTS COMME ADULTES, PARTICULIÈREMENT LE PALLUDISME.  IL EST DIFFICILE POUR LES GENS DE MOUDA  DE RAMASSER ASSEZ D’ARGENT POUR PAYER LES MÉDICAMENTS. ON TENTE DE SOIGNER  LA MALADIE  PAR SOI-MÊME, EN SE REPOSANT, ET EN PARLANT AU PETIT JÉSUS…

-Est-ce qu’on vend beaucoup de vêtements chez toi?
‘’ Oui, beaucoup trop je dirais même.  On vend de tout; souliers, ceintures, robes, pantalons, maillotS de bain, manteaux chics, boucles d’oreilles, colliers, etc.  Les gens portent des vêtements particuliers pour pratiquer le sport et souvent des vêtements particuliers pour aller au travail également.’’

ICI À MOUDA, LES GENS SE VÊTISSENT DE VÊTEMENTS USAGÉS DONNÉS PAR DIVERS ORGANISMES À TRAVERS LE MONDE. CERTAINS ENFANTS VIENNENT À L’ÉCOLE  AVEC, COMME PANTALON, CE QUE NOUS PORTONS EN GUISE DE ‘’PYJAMA’’. J’AI VU CERTAINS ADULTES AVEC UN CHANDAIL DE ‘’NIAGARA FALLS’’ … CES SUPERBES CHUTES DANS LA VILLE DE TORONTO…;-)
PLUSIEURS FAMILLE FONT LA CULTURE DU COTON, MAIS LES RÉCOLTES SONT VENDUES  AU NIGERIA, À UN PRIX TRÈS PEU ÉLEVÉ… TROP PEU ÉLEVÉ POUR TOUT LE TRAVAIL QUE CELA REPRÉSENTE
 (PLANTATION, CULTURE, RÉCOLTE)

-Mélanie, est-ce que tu as visité d’autres villes que ta propre ville au Canada?
’Oui,  j’ai visité d’autres villes. J’ai aussi eu la chance de visiter d’autres pays. Parfois, j’ai dû me trouver un deuxième travail et ramasser mes sous très longtemps pour réussir à me  payer cette ‘visite’.
Avec la volonté, on peut réaliser de grandes choses…’’

ICI À MOUDA,  LA PLUPART DES GENS N’ONT JAMAIS VISITÉ CE QUES LES ENVIRONS DU VILLAGE  OFFRENT COMME SPECTACLE, FAUTE DE MOYENS FINANCIERS.QU’ON PARLE ICI DE MONTAGNES, DE SITES TOURISTIQUES OU SIMPLEMENT DE LA BEAUTÉ DE LA VILLE LA PLUS PROCHE.  LORSQUE JE PARS DANS MES TEMPS LIBRES À LA CONQUÊTE DES BEAUTÉS DU CAMEROUN, ILS ATTENDENT IMPATIEMMENT MON RETOUR POUR VOIR MES PHOTOS ET POUR ENTENDRE MES ANECDOTES.

J’étais sans mot en voyant le visage  illuminé des enfants,  lorsqu’un bon matin, une des rares avions qui a dans sa trajectoire le ciel de Mouda  a décidée de se donner en spectacle en passant au-dessus de nos têtes.
Pour ces enfants, faire un trajet en avion est digne d’un film de science-fiction.
On appelle l’avion
 ‘’LE GROS OISEAU’’.

-Comment l’avion fait-elle pour voler? Est-ce que les gens peuvent marcher dans l’avion?
 Est-ce qu’on peut respirer durant le trajet? Et si le vent arrête de souffler??
 Est-ce que l’avion tombe??

’Mais oui les gens peuvent respirer durant le trajet!!!!!!’’
(Fous Rires et gros calins venant de ma part!!)

‘’Essayez de passer UNE minute sans respirer!!!
Êtes-vous capable??’’

-NoNNNNN!!!!
(Fous rires venant de la part des enfants qui m’entourent)

‘’Et l’avion vole grâce à ses grosses hélices, pas à cause du vent!
 Même lorsqu’il n’y a pas de vent, l’avion réussit à s’envoler! ‘’
‘’COMME UN GROS OISEAU ‘’

(Fous rires généralisés!!)


La naïveté d’un enfant a toujours été magique à mes yeux…et la naïveté des enfants de Mouda rend la magie encore plus vraie…

Le père-noël n’existe pas au village.
Mais si l’appel ne coûtait pas si cher,
je dirais à papa noël de mettre dans sa trajectoire le ciel de Mouda le soir du 24 décembre…
À défaut d’avoir la télévision pour écouter un film de noël en famille le dimanche matin,  le spectacle illuminerait le visage de tous les villageois lors du réveillon de noël, toutes catégories d’âge confondues.

Plus les semaines avancent, plus j’ai la conviction qu’il me sera impossible de ne pas verser de larmes lors de mon départ en juillet prochain.
Sur notre petite planète se cachent d’incroyables richesses...
 
Je vous laisse ici avec une de mes citations préférées
Une citation qui guide mes actions depuis quelques temps


‘’Pour réaliser une chose vraiment extraordinaire, commencez par la rêver.
Ensuite, réveillez-vous calmement et allez d’un trait jusqu’au bout de votre rêve,
sans jamais vous laissez décourager’’
-Walt Disney-


Gros calins
;-)
-Mel-
-xoxox-

mercredi 26 octobre 2011

La Richesse Du Coeur

Soirée de pluie sous le ciel du Cameroun…
L’air se fait beaucoup plus frais…ce qui oxygène mes esprits  pour l’écriture de ce blog, qui risque d'être, soit dit en passant,  bien garni... !!;-)
  Assise seule dans mon lit, Bébé Chip m’accompagne…tout comme l’entrainante musique composée par les animaux du village! ;-)

Bébé Chip;
Petit  singe qui adore suivre mes aventures en brousse,  en montagne ou sur le bord de la mer. Il s’appelle CHIP et il accompagne  chacune de mes nuits depuis  l’âge de 12 ans.
Confidence;  J’ai  laissé mes vêtements au Québec pour laisser la place à CHIP;-)
 J’ai donc, comme tenue,  2 pantalons, et 3 chandails !
 Et pour dire vrai, ça me convient amplement !

J’arrive tout juste de la brousse. Je suis allé aider mes voisins en cette période de ‘’Karal’’ . 
Cette période cruciale où l’on plante le mil pour l’année dure tout le mois d’octobre.  Nous avons planté le mil jaune de 8h à 17h, sous le chaud soleil. 
J’étais si impressionnée à la fin de ma journée.
  Non pas d’être encore en vie, mais  par la force physique et mentale de mes voisins. Deux heures de marche sont nécessaires afin de se rendre à l’endroit précis où le champ de la famille se trouve.  La journée débute en mettant le feu à la brousse. J’étais subjuguée. Une fois de plus, le spectacle devant moi était digne d’un film. 
 J’ai même eu un moment de  frousse, de peur que le Cameroun en entier s’enflamme!!!

  Le feu sert à brûler la terre, ce qui aide à la future pousse du mil.  Lorsque le  terrain est délimité, tous s’affairent à éteindre les broussailles à l’aide de sauts d’eau, directement puisés par les femmes.  On frappe aussi le feu à l’aide de branchailles afin d’éteindre le brasier restant.  J’ai tenté d’aider mes voisins pour cette étape, mais mes yeux brûlaient trop (à cause de la fumée) pour me permettre d’aider qui que ce soit;-)   Ensuite,  alors que les hommes font les trous dans le sol à l’aide de grands bâtons, les femmes s’affairent à mettre l’eau dans  les trous et à planter le mil et ce, durant 10 heures d’affilées. J’ai eu peine à terminer ma journée… J’avais si mal dans le dos à force d’être penchée durant tout ce temps. 
Mais l’orgueil étant ce qu’il est, j’ai attendue d’être chez moi avant de m’effondrer au sol, la larme à l’œil…de  faim, de soif, de fatigue… ;-)

Le même orgueil me fait faire également des trajets de plus en plus longs lorsque je fais mon jogging matinal, car ma route est partagée avec celle des femmes du village qui marchent des kilomètres, matin et soir,  avec  sur leur tête, l’eau puisée à la carrière. 
Comme je ne suis pas assez forte pour faire ce qu’elles font, je m’efforce de faire valoir  ma volonté physique en continuant ma course, même lorsque mon corps me supplie d’arrêter.

 Pour sûr, elles me verront tomber un bon matin…perte de conscience …;-)

En début de semaine, je me suis couché avec une folle envie de faire ce fameux  jogging à 5h du matin à la place de 7h.
 Je me suis donc levé en même temps que le soleil pour l’occasion...
 La lune disparaissait derrière la clarté du petit matin…L’air était bon et frais…les maringouins retournaient tranquilement au lit …alors que les ânes s’éveillaient. 
 Deux de ceux-ci ont d’ailleurs  freiné ma course de par leurs caresses matinales un peu trop violentes en plein milieu du chemin. 
Étant très téméraire à mes heures,   j’ai tout de même préféré faire un petit détour, question de ne pas revenir au village avec,  au visage, l’empreinte d’un sabot en guise de souvenir de ce doux matin.

J’ai croisé ce même matin  un homme assis au sol, devant un nid de termites. 
 Après l’avoir salué, je lui demande ce qu’il fait assit  à cet endroit.
Sa réponse; Je cueille les termites …
J’ai donc compris que les termites allaient faire partie du repas familial en soirée!
 TOUT SE MANGE ICI.

Ce petit oiseau mort  dans ma court a également servi de repas à mes voisins.  Une petite fille a tôt fait de stopper mon élan lorsqu’elle m’a vue assise par terre, en train de creuser un trou pour enterrer ce petit oiseau jaune.
Mes voisins m’ont également préparés, en début de semaine, ce fameux repas tant attendu;
 Les sauterelles grillées.
J’ai insisté pour participer à la préparation de ce repas; après avoir enlevé les ailes et les pattes des insectes, on les dépose sur le feu avec l’huile.
Lorsqu’elles sont bien croustillantes, cela est signe que le repas est prêt.
Je vous dis; le psychologique chez l’humain est une faculté assez puissante.
Malgré le très bon goût des sauterelles grillées, j’ai regretté quelque peu d’avoir participé à la préparation du repas.
Mon mental n’a pu tolérer cette image de sauterelles, premièrement vivantes en brousse, deuxièmement à moitié vivantes dans la casserole, pour terminer complètement cuites dans mon estomac.
Je vous épargne les détails…mais ma faculté psychologique n’a su gérer la situation ! ! ! ;-)

Au début de mon aventure au Cameroun, j’adorais aller à Maroua les fins de semaine.
 (Capitale de l’Extrême-Nord, située à 50 minutes de chez moi)
Bien que j’apprécie toujours les moments passés en ville, je me plais maintenant autant au village…chez moi, avec mes voisins.

J’ai un voisinage hors pairs…

La richesse du cœur

Voilà ce qui fait vivre la population ici à Mouda.
 Que ce soit pour réparer mon vélo, m’aider à cuisiner, m’aider à puiser mon eau, m’installer une clôture en  paille autour de la maison, me conseiller  sur comment magasiner ma première poule  ou simplement pour rire et causer, ils sont là.

Le directeur d’une école a même laissé, seuls, durant une heure, les élèves de sa classe  pour venir me reconduire chez moi…alors que j’étais… perdue… en brousse.
 Après une journée d’observation dans son école, j’ai tenté de revenir chez moi, jeune femme autonome que je suis...
Mon cœur rempli de bonheur s’est rapidement mit à accélérer lorsque je me rendis compte que j’étais perdue…seule…entourée d’ânes….en brousse…sous le chaud soleil…
…sans GPS
NB ; Le GPS est, sans contredit, mon meilleur ami au Québec ;-)
J’ai dû rebrousser chemin.
Totalement désorientée, j’ai été démasquée par le directeur, qui, par la porte de sa classe, avait observé mon manège!!
La notion de temps étant pratiquement inexistante, cela laisse toute la place pour les relations humaines…Malgré l’énorme charge de travail devant chacune des journées, on prend le temps de se saluer, de se demander comment va la santé, de se demander comment a été la nuit….
Toutes les occasions sont bonnes pour prendre soin de l’autre.
On priorise l’humain avant le travail …on priorise l’humain avant le repos…On priorise l’humain en dépit de son propre confort mental...et matériel…
-La richesse du cœur-
C’est maintenant facile de vous imaginer comment je suis traitée  ici.
Je me sens ailleurs tellement en sécurité que j’ai décidé de faire comme le voisinage. Lorsque les nuits sont trop chaudes; Je dors à la belle étoile! ;-)
Partage, générosité, entraide, fraternité, authenticité, simplicité, complicité
Ce sont les mots qui me viennent en tête à ce stade-ci de mon aventure au Cameroun.

L’humour fait aussi parti du quotidien ici.
Je n’ai eu d’autre choix que d’user d’autodérision un bon matin, lorsque j’ai trébuché sur une roche durant ma course. Me voyant étendue  au sol,  toutes les femmes se sont esclaffées, sans même se soucier de l’état l’étendu des dégâts! Mon rire jaune a donc masqué ma douleur.
Cette scène, qui aurait pris une allure autrement plus dramatique au Québec, a tourné à la blague ici, d’un côté comme de l’autre.
Les gens ont aussi rient de moi lorsqu’au village, j’ai versé une larme pour un chien à la patte cassé, qui souffrait le martyr …
J’ai donc appris qu’ici, on travaille si fort pour la survie de l’être humain qu’on ne pleure pas les animaux.
La souffrance du chien a finalement cessé lorsqu’on l’a tué…pour ensuite le manger…Tout comme le mouton ci-dessus.
Un soir il souffrait...et ce fût la scène qui m'attendait le matin suivant lorsque je me suis levé dans l'espoir de lui apporter un peu de compagnie!

Autre leçon de vie apprise ici
La vie est courte…souvent injuste…parfois difficile …d’autres fois même cruelle…mais les ’’malheurs’’ sont gérés selon l’attitude que nous choisissons d’adopter…!


J’ai  ris à mon tour un soir, lorsque j’ai été mise au courant de la  tradition suivante;
Si un homme ose faire le ménage ou préparer le repas pour aider sa femme, tous les gens du village lui composent minutieusement une chanson, accompagnée d’une danse bien sûr.
J’ai trouvé l’idée tellement farfelue que je n’ai pu m’empêcher de leur faire voir et valoir mon point de vue en m’esclaffant à mon tour.
Dès l’enfance, on apprend ici que c’est à la fille et à la femme que revient toutes les tâches ménagères;
Puiser l’eau, préparer les repas, faire la vaisselle, laver les vêtements, balayer…etc.

Si un jeune garçon est surpris par ses camarades à balayer la classe, la cour ou la maison, c’est l’humiliation assurée.  Cette humiliation continue une fois adulte, par les rituels de compositions de chansons…qu’on chantera au quotidien, mais également lors des grandes occasions.
Voilà également pourquoi on retrouve moins de jeunes filles que de garçons sur les bancs d’école et pourquoi tant de jeunes filles décrochent du milieu scolaire. Elles sont trop occupées par les tâches ménagères.
Ici se trouve donc un de mes mandats ; Faire valoir l’égalité des genres…faire prendre conscience aux parents la surcharge de travail pour la jeune fille…faire valoir l’importance de l’éducation, autant pour le garçon que pour la jeune fille…tenter de trouver une façon de partager les tâches à la maison….
On parle ici de résultats à longs terme…car c’est la mentalité de toute une population qui est à changer.
Même chose avec le fait que certains enseignants donnent la chicote aux élèves de la classe qui oublient leur ardoise à la maison, ou encore  à ceux qui pensent à la petite chèvre familiale plutôt que de réfléchir à la question posée par le maitre….
J’ai trouvé ça très difficile de voir ces scènes de mes propres yeux…sans pouvoir réagir pour le moment.
C’est une problématique culturelle qu’on observe également de plus en plus au Québec dans les familles  qui arrivent d’Afrique ou encore d’Haiti.
C’est délicat comme sujet.
Et ici sur le terrain,  même si on sensibilise l’enseignant à trouver un autre moyen que celui d’utiliser la chicote pour sévir un élève, bon nombre de parents utilise ce moyen  à la maison…
Je devrai donc  faire un travail de sensibilisation à ce niveau auprès des enseignants et des parents de la région.
J’ai également débuté des rencontres avec les AME et d’APEE des écoles avec lesquelles je travaille.
AME; Association de Mères d’Élèves; Promouvoir la scolarisation de la jeune fille.
APEE; Association des Parents d’Élèves et Enseignants; Promouvoir l’éducation et assurer le bon fonctionnement de l’école.

Des animations en vue de la journée internationale de VIH SIDA seront également à planifier dans les semaines à venir, car cette problématique est très présente ici.

Plus les journées avancent, plus les défis apparaissent.
Plus les défis apparaissent, plus j’ai envie de me lever en même temps que le soleil d’Afrique.
C’est une année qui va filer à la même vitesse que les  étoiles filantes qui illuminent le ciel du Cameroun le soir.
La même rapidité…
et la même beauté également…

La vie…quel beau cadeau…quel beau voyage…
‘’ La vie est un grand voyage…Reste à savoir le sens que tu veux lui donner. Personne n’est responsable de ton bonheur…sinon toi…''
;-)

-On est ensemble-
xoxox
Mel

samedi 8 octobre 2011

Hakuna Matata ( Pas de soucis)

Alors que l’automne s’installe peu à peu au Québec, la saison des pluies tire à sa fin ici au Cameroun. La sécheresse et les températures très chaudes (pouvant atteindre les 45 degrés à l’ombre) arriveront d’ici quelques semaines.  Les paysages perdront donc peu à peu leurs verdures par manque d’eau, laissant place aux herbages de couleurs jaunes.  Des paysages tellement similaires au film ‘’Le Roi Lion’. Ce film, qui m’a tant fait rêver alors que j’étais petite, a été une réelle inspiration pour moi. 
 Il m’a fait rêver d’Afrique…j’ai rencontré bébé Simba en Tanzanie…


J’ai pu voir l’Afrique au sommet du Kilimanjaro …et me voilà au Cameroun. 

Un mot me vient en tête dans le moment; CROIRE
Croire en ses rêves….Croire en soi….Croire en l’autre...
Croire à ce que peut nous apporter ces épeurantes sortie hors de notre zone de confort.
‘’Parfois, la vie n’est pas une route tranquille, mais ce n’est pas une raison pour nous arrêter.  Nous devenons plus forts à chaque pas vers l’avant.
Avant ce voyage, de quoi avais-tu peur?’’
- Le Safari de la vie-
-John P. Streleckyt- 
 Est-ce que mes ascensions quotidiennes  au sommet des montagnes enneigées me manqueront dans quelques mois face à cette intense chaleur d’Afrique? Probablement...mais les montagnes seront toujours disponibles à mon retour…et je me refuse dorénavant le droit de ne pas profiter de chacune des minutes passées sous le ciel du Cameroun… Étant adepte du moment présent, chaque moment ici se doit d’être vécu avec le plus de lucidité que possible.  Tant d’odeurs, tant de magnifiques paysages, tant de sourires, tant de bonté,  tant de choses à accomplir;-)!

Cette  aventure vers l'inconnu le plus total  m’est tellement déjà bénéfique, et commence à être bénéfique  peu à peu également autour de moi dans mes actions quotidiennes.
J’ai débuté mon observation dans les salles de classe de Mouda.
Les cours sont de 8h à 14h. Les enfants ont 2 récréations, mais pas d’heure de dîner. Ils doivent attendre à la fin des cours pour manger ou boire.  Certaines classes comptent jusqu’à 55 enfants pour un enseignant.  Les règles de classes diffèrent de celles du Québec. À titre d’exemple, les enfants n’attendent pas, main levée,  que l’enseignant les nomme pour parler ou pour donner une réponse.  Ils crient simplement le nom du professeur dans l’attente d’un signe de reconnaissance (ce qui fait une classe très bruyante).  Le professeur écrit au tableau, et l’élève écrit sur une ardoise.  Il n’y a cependant pas d’ardoise ni de craie pour tous les enfants.  Lorsqu'un enseignant s'absente, il n'est pas remplacé.  Le directeur enseigne alors aux enfants. J'ai même vu un directeur qui , une journée, enseignait de classe en classe , car les enseignants étaient absents. Certaines classes repartent simplement à la maison jusqu'au retour du professeur.  Les enfants ont  des bancs d’école (don de différents organismes) mais manquent de matériaux scolaires. Durant les récréations, plusieurs enfants vont travailler à récolter aux champs, à s’occuper de leurs animaux (chèvres, moutons,poules,ânes) ou à puiser l’eau.

Les écoles de 3 autres villages feront partie de mon horaire également dès la semaine prochaine. Mon vélo me fait  faire ce chemin entre les différents villages;-)

Soleil, chaleur et  acacias (arbres préférés des girafes)  font partie de mes trajectoires matinales..tant en jogging qu'en vélo.
J’espère à chaque fois y rencontrer cette famille d’éléphant qui est de passage, d’année en année dans la région, mais qui est si dévastatrice pour les cultures des habitants. Et comme les éléphants sont protégés par l’état et qu’on ne peut les chasser, les gens n’ont d’autres choix que d’espérer une trajectoire différente pour cette année.
Je me promets donc une visite un peu plus au nord, afin de m’émerveiller devant cette impressionnante faune d’Afrique.

Je tenterai également de donner un coup de mains à mes voisins en brousse dans les jours qui vont suivre. Le mois d’octobre est le mois du ‘’Karal’’. C’est une période précieuse où la population sème le ‘’mil jaune’’.  Les paysans partent à 5h du matin en brousse et en  reviennent  au coucher du soleil. Le mil est l’aliment qui fait rouler l’économie ici. C’est l’aliment de survie. Pas de mil, pas de repas! Les gens échangent également le mil contre de l’argent si le besoin de soins médicaux se présente. Il est donc un  peu difficile de céduler des rencontrer avec les parents d’élèves durant la semaine. Certaines rencontres doivent donc se faire le dimanche, qui est une journée de congé pour tous.
Plus les semaines avanceront, plus mon mandat avec VSO se précisera! L’Afrique vit à son propre rythme. Je respecte donc ce rythme avec plaisir!;-)
Ici, on mange de tout. Bien que j’aime  me cuisiner ces traditionnelles pâtes, et me réconformer avec mes ''toasts''au beurre d'arachide, j’ai  goûté récemment  à du poumon de mouton. Je mangerai également un repas de sauterelles et de criquets fraîchement cueillis pour l’occasion très bientôt….moi qui n’aime pas les olives ni les navets..mm… ;-)

Ici, dès que le soir tombe et que les criquets commencent à chanter, les enfants partent à la chasse aux criquets, couteau en main! Je croyais à une blague au début, mais j’ai rapidement dû constater que les criquets étaient bel et bien comestibles….tout comme les chiens, les ânes, les serpents. Tout se mange !!;-)
L'âne....quelle bête attachante....mais oh combien bruyante lorsqu'elle se met à crier, à toutes les heures de la nuit. Tout comme les coqs d'ailleurs, qui, soit dit en passant, n'ont aucune horloge intégrée comme la croyance le dit si bien. Les coqs du Cameroun en tous les cas ne crient pas seulement à 5h du matin...Toutes les occasions sont bonnes ici pour qu'un coq chante...ou crit..sa mélodie ;-)

Je tenterai de ne pas développer une aversion contre ces petites bêtes, qui font de mes nuits ...des nuits musicales;-)
Je vous laisse ici, sur une belle pensée....tirée également du livre
-Le Safari De La vie-
               Tout comme le film du Roi Lion, le livre fût très révélateur pour moi.
‘’La façon dont nous menons notre existence, notre environnement, ce que nous faisons chaque jour, tout cela est ce que nous choisissons comme réalité.  Tout peut contribuer à être notre réalité dès que nous ouvrons notre esprit et que nous prenons conscience que cette option est aussi réelle et valable que tout autre.’’



Et comme dirait mon amour de petite soeur
...
Je vous aime ...gros comme L'AFRIQUE
xoxox
-Mel-