vendredi 20 janvier 2012

Un anniversaire à la hauteur des anges de Mouda!

Comment vous décrire, de la façon la plus juste qui soit, le déroulement de ma soirée d’anniversaire, le 14 janvier dernier?

Ce qui est le plus difficile pour moi depuis le début de mes  aventures en Afrique, c’est qu’aucun membre de ma famille n’est présent avec moi, pour vivre et comprendre la magie qui se déroule sous les étoiles de Mouda.

Malgré mes écrits, beaucoup  d’émotions m’envahissent à chacun des moments passés ici.
C’est sans aucune exagération que je peux qualifier
ma vie à Mouda de
 ‘’Rêve’’
 Je donnerais tout pour en faire profiter les gens que j’aime.

Donc, comme je sais que les gens du village aiment trop la danse, je n’avais pas envie d’attendre à ma fête de  départ avant d’animer mes anges de Mouda!
J’ai donc décidé d’organiser une grande fête en cette soirée du 14 janvier.
Malgré mes peurs et mes questionnements, j’ai décidé de foncer.

La célébration de mes 27 ans   restera à jamais gravée dans ma mémoire.
Pour la réussite de cette soirée, j’ai  demandé l’aide de 4 de mes voisines pour préparer le vin de mil pour tout le village.

On m’a cependant  bien précisé que lorsqu’on met les ‘’haut-parleurs’’ au village,
ce n’est pas seulement mes propres voisins qui viendront boire et danser, mais également les gens des villages voisins.

Coûte que Coûte, j’étais prête pour cette aventure.

 J’étais prête à partager ma passion pour la danse…ma passion pour la vie.

Ce fût donc une belle occasion d’inviter mes amis volontaires à venir découvrir mon petit paradis.
Ceux-ci  étaient présent au nombre de 8 pour le souper. Quelques amis du village ont également mangé avec nous pour mon anniversaire, pendant que le village attendait impatiemment le début de la soirée.

Comme il n’y a qu’une seule ‘’Nassara’’ qui habite au village de Mouda, on a dû demander à 2 de mes voisins de ‘’monter la garde’’ à l’entrée de ma petite cours de paille afin d’éviter que tous les gens entrent chez moi.
Seulement les gens qui sont proches de moi pouvaient entrer, pendant que les autres dansaient à l’extérieur de la cours.

Autrement, avec le vin de mil, consommé en grande quantité, les ‘’Nassaras’’présents au village ce soir-là allaient avoir beaucoup de difficulté à gérer
 les discussions et les demandes pour danser.
Après le souper, plusieurs d’entre nous sommes sorti  danser parmi
 les anges de Mouda , tous réunis pour fêter mon anniversaire
;-)

Après quelques consommations, la honte de danser le ‘’zouk’’, deux à deux,
 devant tous ces gens ,avait disparue.

 Les amoureux de la vie, de la danse, et également de coeur ont  acceptés de se laisser transporter par cette douce musique, malgré les rires et la jalousie de certains!

Dire qu’il y a quelques années, les africains avaient peur des ‘’Nassaras’’.
Au fil des ans, avec la coopération internationale,
 la peur a été remplacée par le rire et la fierté.


Durant cette soirée, je me suis  vraiment senti  comme une vedette.
Ce fût un sentiment que je n’aurais jamais même imaginé ressentir dans ma vie.

C’est également sous les bons conseils d’Aminou, mon collègue de travail et ami,  que j’ai appris comment agir et comment ne pas agir lors d’un tel évènement au village.
 La soirée a demandée beaucoup d’organisation et beaucoup de réflexions, car je voulais faire plaisir à mes amis volontaires ,tout en faisant plaisir aux anges de Mouda .


J’ai envie de préciser que depuis avoir visité la Tanzanie,
 ‘’Hakuna Matata’’
 fait partie de mon vocabulaire quotidien.

Ces deux petits mots signifient
 ‘’ Il n’y a pas de souci!!Il n’y a pas de problème’’
!!!

Et la chanson africaine ‘’ JAMBO BWANA’’ , chanson qui vient du Kenya, 
joue à tous les jours au village dans mon  petit haut-parleur portatif!
Quand j’ai constaté que cette chanson faisait danser les anges de Mouda,
 j’ai intégré la chanson au quotidien de tous.

De sorte que quand les gens me voient ou me saluent, ils me disent maintenant;
’ Mélanie, HAKUNA MATATA’’

Je réponds alors;
‘’HAKUNA MATATA’’
!!!
:-)

Bref, lors de cette soirée d’anniversaire,
 j’ai décidé de faire jouer cette chanson dans les gros ‘’haut-parleurs’’.

J’avais envie de verser quelques larmes, lorsque, sous les étoiles, tous les anges se sont  mis à chanter, en cœur,  la nouvelle chanson thème du village.

Beaucoup d’émotions dans mon petit cœur de ‘’Nassara’’
;-)

Entourée de tous mes amis d’Afrique, je dansais et chantais  au son de la chanson
’JAMBO BWANA’’  
sous le regard amusé des enseignants, du chef du village, et de tous les gens qui observaient la scène.
;-)


Suffit parfois de bien peu pour rendre les gens heureux


Malgré la pauvreté, la famine, la sécheresse,
 les anges de Mouda n'hésitent jamais pour me démontrer
à quel point le bonheur est une question d'attitude et de volonté.

Peut importe les évènements qui arrivent dans nos vies,
 l'atteinte du bonheur est possible
...
Suffit de le vouloir
...
Suffit d'y croire
...

Les anges de mouda et moi vous disont
- MERCI-

Merci de croire en moi
...
Merci de croire en eux, à travers moi

;-)
-xoxox-
Mel

dimanche 8 janvier 2012

2012

Après de superbes vacances passées sous les étoiles  de Limbé, du sud du Cameroun, je suis de retour au village, à mon plus grand bonheur

 Au  grand bonheur des anges de Mouda également!

D’incroyables paysages font du Cameroun un pays à visiter!
Limbe se trouve au pied du Mont Cameroun.
 Comme cette gigantesque montagne est un volcan qui est entré en éruption en l’an 2000, les plages de Limbe sont un spectacle incroyable!
Le sable volcanique est noir et les rochers sont les restants de l’éruption!!
Comme je tente présentement de guérir une blessure au genou, j’ai  finalement décidé de revenir affronter ce volcan au mois de mars !!
J’ai donc pu profiter des vagues  de l’océan Atlantique, de l’air salin ainsi que de tous ces palmiers décorés de lumières de noël!!
C’était d’une magie difficilement descriptible que de souhaiter joyeux noël à ma petite famille au Québec,
 les deux pieds caressés par les vagues de l’océan.

Également, lors de ce périple au sud, mon chemin a croisé celui de trois hippopotames!!
L’enfant en moi s’est donc réveillé une fois de plus ;-)

Bien que j’aie adoré ma semaine, Mouda m’a terriblement manqué…

Mon ami et voisin m’a téléphoné à tous les jours, ne manquant pas l’occasion de me rappeler à quel point le village avait hâte à mon retour!
Il était content de me dire également que, durant mon absence, beaucoup de gens dorment dans ma petite cours de paille, sous les étoiles!

Mon histoire d’amour avec les anges de Mouda est unique au monde.
Je n’ai jamais vécu de pareille histoire auparavant, et j’ai la conviction que plus jamais je ne ressentirai ces émotions qui m’envahissent chaque jour.
C’est tellement valorisant de savoir qu’un village entier attend impatiemment ton retour.
Jamais dans ma vie je n’aurais imaginé vivre un tel rêve.
Ce rêve…je le dois à mon amour de petite sœur
elle qui m’a poussé être plus forte que mes peurs.



Mon arrivée au village m’a fait penser à mon arrivée du mois de septembre.
 Tout le village m’attendait avec impatience.
  Les petits enfants couraient vers moi en criant mon nom.
 La différence cette fois est que , contrairement au mois de septembre, les sentiments de peur et d’insécurité  à l’idée de m’endormir seule ,dans ma petite maison de brousse, ont fait  place aux  sentiments  de sécurité et de bien-être.
J’avais hâte de retrouver le village.
 J’avais hâte de retrouver ma petite maison, mes voisins, les chèvres, les ânes, les petits toits de paille éclairés par la lune , tous ces enfants aux sourires contagieux.

Donc,tel que prévu, c’est entourée de  tout l’amour des gens du village que
 j’ai célébré l’arrivée de 2012!!
J’ai donc pu constater que le fameux décompte vers la nouvelle année est inexistant à Mouda.
 Les gens réalisent que nous sommes en 2012 entre deux danses, et/ou, entre deux consommations.
;-)
J’ai beaucoup ris en constatant qu’avec quelques bières dans le corps, ce n’était plus la poignée de main habituelle que les gens  me donnaient mais bien des gros calins.
Je me suis donc abstenu de danser à un certain moment dans la soirée, en expliquant aux gens que si je danse avec eux, ils pourraient bien regretter certains de leurs comportements en se réveillant le lendemain! ;-)

Le matin du 1er Janvier, j’ai distribué des bonbons aux enfants du village pour ensuite prendre le petit déjeuner avec les voisins
(Petit déjeuner constitué de viande et de boule de mil)
 Aussi, j’ai assisté à une grande messe en plein air, pour ensuite faire le tour des villages avec mon partenaire Aminou, afin souhaiter mes meilleurs vœux à la population!

Comme le vin de mil coule à flot durant les grandes occasions, j’avais moi-même acheté le vin en grande quantité afin de bien servir les gens qui passeraient à la maison me souhaiter la bonne année.
Grâce aux bons conseils d’Aminou, de Waby et de mes voisins les plus proches, ma soirée du 1er Janvier 2012 fût un succès.

Suite à cette soirée, j'ai ainsi pris l’initiative d’organiser une grande fête avec les gens du village lors de mon anniversaire, le 14 janvier prochain.
Quelques volontaires seront aussi présents afin de venir vivre avec moi la magie de Mouda.
Une histoire à suivre…

Entre temps, Aminou et moi reprenons le travail dans les 4 écoles que nous désservons.
Sur le terrain, il y a beaucoup à faire, tant au niveau des écoles que de la population.
Je vous expliquerai le tout en détail très prochainement.

Cette mission humanitaire m’apprend à me donner à 100% dans les choses que j’entreprends…coûte que coûte.
Ces anges d’Afrique me laisseront un héritage mémorable…j’ai donc envie de leur rendre la pareil et ce, malgré mes peurs et mes questionnements.

Nous sommes plus forts que nos peurs
Suffit de foncer…coûte que coûte, en ayant la foi.

Ici, il est difficile de planifier la vie à l’avance, car on ne sait pas ce que le destin nous réserve.

On dit;
 ''S’il plait à Dieu, on se voit demain!''

C’est donc pourquoi aucun moment n’est négligé , et on profite intensément de chaque moment, en se donnant à 100%.

C'est en suivant cette belle leçon que je vis mes aventures d'Afrique
...
Je vous souhaite d'être capable d'en faire autant, jour après jour.

Merci aux anges de Mouda
...
Et merci à vous tous d'être à mes côtés, semaine après semaine.

-Gros Calin-
''On Est Ensemble''
-xox-
Mel

...

lundi 19 décembre 2011

L'union fait la force

Après quelques jours de recueillement, voir même de recul, voilà que je me sens prête à partager avec vous un évènement vécu la semaine passée.
Un évènement confrontant
mais combien touchant

Voilà qu’une réalité qui m’était à présent inconnue
 a surgit de plein fouet  au village
….


Tout d’abord, beaucoup de gens m’ont touché droit au cœur depuis mon arrivée sous le ciel de Mouda!
Mais j’ai particulièrement beaucoup d’attachement pour mon petit voisin Lakdé.

Lakdé  est présent à mes côtés depuis ma première journée au village. C’est ce petit bonhomme de 20 ans qui puise mon eau, qui répare mon vélo, qui passe beaucoup de temps avec moi et qui m’invite également à tous les dimanches soir à me joindre à sa petite famille pour le repas familial.
 Lakdé a 4 frères et trois sœurs, mais comme ses sœurs sont mariées et  n’habitent pas au village,  la famille est  toujours tellement enchantée par ma présence quotidienne à ses côtés.


Voilà qu’un bon matin, alors j’écoutais  ma meilleure musique, le cœur en paix, Lakdé vient me chercher, les larmes dans les yeux. Il me dit que son petit  papa ne va pas bien du tout.
 Il faut préciser que depuis 2 semaines, de drôles de symptômes avaient fait leur apparition dans le ventre du papa .

C’est sans perdre une minute que je me dirige vers la maison de Lakdé, sans savoir ce qui m’attendait.

Le petit papa était couché au sol, souffrant...  et refusait catégoriquement de suivre qui que ce soit en direction de l’hôpital  de Maroua.
 Ici, c’est très difficile pour l’orgueil  de laisser paraître la maladie. Également, la pauvreté fait en sorte que si la maladie frappe, la famille doit vendre le mil et les animaux pour payer les soins médicaux, ce qui cause l’extrême pauvreté et également la famine.
Les gens attendent donc d’être en grande souffrance avant d’aller se faire soigner. Et comme la maladie n’attend pas, elle continue de progresser et a déjà fait beaucoup de ravage lorsque le malade arrive à l’hôpital.

Ce matin-là, 25 membres de la famille sont présents autour du papa et tous tentent désespérément  de  convaincre celui-ci d’embarquer sur la moto en direction de l’hôpital.
C’est sans réfléchir qu’en voyant la scène,   je m’agenouille et  je prends la main du papa de Lakdé, sans dire un mot.

 Il a les yeux fermé, mais je peux voir une larme couler sur sa joue
Il fût difficile pour moi à ce moment précis de cacher mes émotions
J’ai tout fait également pour ne pas croiser le regard de Lakdé
 J’ai  parlé à mon voisin en lui tenant la main durant 35 minutes,
 sous tous ces petits yeux remplis d’inquiétude.

Cette scène restera gravée à jamais dans ma mémoire

Le papa n’a pas dit un son…mais  il a finalement décidé de s’asseoir afin qu’on l’amène à l’hôpital.
 On l’a lavé et on lui a mis des vêtements propres.
Lakdé et son grand frère Sali  sont donc partis avec leur papa, sur la moto, en direction de l’hôpital, au grand soulagement de tous les gens réunis chez la petite famille.

Ce matin-là, les gens m’ont beaucoup remercié…Je savais également que sans ma présence, la maladie aurait probablement emporté mon cher voisin.

J’ai délaissé mon travail dans les écoles afin d’accompagner la famille durant 2 journées entières à l’hôpital, car le papa acceptait de boire et de manger seulement si c’était moi qui lui demandais.

 Mais voilà que lundi matin, alors que les membres de la famille de reposaient à l’extérieur de la pièce, Dieu a décidé d’apaiser les souffrances du papa.
 C’est avec sa main dans la mienne qu’il est allé rejoindre les étoiles de l’Afrique.

Toute ma vie je me souviendrai du sentiment qui m’a envahi au moment de son décès
Mon cœur n’avait encore jamais ressenti de telles émotions



Lakdé est venu me rejoindre quelques instants après le décès de son papa. En constatant que celui-ci ne respirait plus, mon petit voisin s’est effondré, ce  qui a alerté les autres membres de la famille.
 Devant cette scène, je n’ai pu retenir mes larmes et mes tremblements.  


Lorsque mon regard a croisé celui de Sali , celui-ci me regarde et me dit;

‘’On va supporter. Dieu en a décidé ainsi. ‘’

C’est en essuyant mes larmes que je demande à Sali;

’Mais, tu ne pleures pas toi Sali? Tu supportes sans pleurer?
 Vous les africains, vous êtes forts…’’

‘’Mélanie, si je pleure, qui prendra soin de ma famille? Qui prendra les choses en main? Qui s’occupera de mon papa jusqu’à la mise en terre?
Crois-tu être assez forte pour faire comme moi?
 Crois-tu être assez forte pour retenir tes larmes jusqu’au village?
Crois-tu être assez forte pour  jouer le rôle  de l’homme aux côtés de Lakdé,
 afin de prendre soin de son cœur?

C’est sans hésiter que j’ai répondu par l’affirmative.
Je donnerais tout pour aider du mieux que possible ces petits anges d’Afrique…

Je suis revenue au village en moto avec un ami, alors que la famille nous suivait par derrière en voiture…accompagnée du corps du défunt.
Lakdé était aux côtés de son papa.

Avant même notre arrivée au village, la nouvelle avait déjà été propagée.
 J’avais peur  de voir la scène qui m’attendait .
 J’avais peur car 2 jours auparavant, la maladie a également fait mourir un jeune papa à Mouda.
Dieu a apaisé les souffrances de 2  de mes voisins…en 3 jours…
J’ai donc appris qu’ici, quand la mort frappe , toutes les femmes du village et  des villages voisins se réunissent en pleurant et en criant.
 C’est d’une manière désespérée  qu’elles demandent à  Dieu de les délivrer du mal et de les protéger du malheur.
  Les hommes doivent cependant être très forts.
On tente de retenir nos larmes, mais c’est parfois impossible.
Nous sommes solidaires…nous pleurons ensemble…et ce, pendant des jours.

C’est donc  la scène que j’ai vue, pour une 2ème fois en 3 jours, lors de notre arrivée à Mouda .
Comme je suis très proche de la famille, je n’ai eu d’autres choix que d’être présente aux côtés de cette petite famille, et ce , durant les jours qui ont suivis le décès.

Avant de descendre le corps de la voiture,
 Sali a parlé à tous les gens qui s’étaient réunis autour de la petite maison de paille…
Sans les avoir tous compté, je peux les estimer au nombre de 100 …
C’était tellement beau à voir…

 ‘’Mes frères, mes sœurs…Dieu a décidé d’apaiser les souffrances de notre père. 
Mon père a fait son temps sur la terre. Il s’excuse de ne pas avoir eu le temps de vous dire au revoir.  Cependant, il nous voit présentement et il n’a pas envie de nous voir crier ou pleurer. Nous allons tous mourir.
C’est le destin.
On doit être forts et se supporter à travers cette épreuve.  ‘’


Sali était d’un calme déconcertant….pendant que Lakdé était en grande souffrance.
 Voir mon petit Lakdé inconsolable m’arrachait le cœur
 Je ne savais où me placer
….
Je ne savais comment agir

J’ai su comment agir quand Sali est venu me voir pour me demander de prendre des photos de tous les gens réunis autour des feux….des photos également de son petit papa couché dans son lit, bien habillé et parfumé. 
 C’est aux sons des louanges chantés par tous les gens réunis que j’ai également assisté Sali lorsque celui-ci a cloué le cercueil, pour ensuite procéder à la mise en terre, où seuls les hommes participent, pendant que les femmes restent auprès de la veuve.

C’est devant une centaine de personnes réunis ensemble, autour des feux, que j’essuyais mes larmes . Les gens me connaissent maintenant…Il n’y a plus aucune frontière entre eux et moi…
Pleurer devant eux est comme si je pleurais devant ma propre famille.

Beaucoup d’émotions difficilement gérables dans mon petit cœur
Au Québec, c’est souvent à la morgue que ce déroulent la plupart des scènes auxquelles j’ai participé ici.
En Afrique, la mort n’effraie pas les gens…Elle fait partie de la vie.
On garde également le corps  du défunt quelques heures à la maison le temps de se recueillir.

C’était si émouvant de constater à quel point l’union fait la force
La solidarité, l’entraide et l’amour sont des valeurs omniprésentes dans le cœur du peuple Africain.


Après 5 jours de deuil, les gens étaient toujours présents autour des feux…sous la lumière du jour comme sous les étoiles.
 Ils demeurent toute la nuit à l’extérieur, à prier et à chanter des chants religieux afin d’apaiser les souffrances de la famille.

 C’est ainsi que j’ai passé les dernières nuits
Couchée au sol, réchauffée par le feu
 Main dans la main avec , une nuit Lakdé
 L’autre nuit, sa petite maman
..

Nous avons célébré les funérailles mercredi au village.
 Durant les funérailles, personne ne pleure.
On doit clôturer le tout en beauté.
Afin de bien nourrir tous les gens réunis, mes voisins ont égorgé beaucoup de chèvres et de moutons.
 Les femmes ont également préparées beaucoup de vin de mil,
au plus grand bonheur de tous ;-)

Cette journée fût donc remplie de belles discussions, de belles rencontres et de fous rires .


J’ai fais développer les photos de l’évènement…que nous avons placé à l’entrée de la petite maison de paille… en guise de lieu de recueillement.

Alors qu’au Québec, on doit rejoindre le travail après 3 jours de deuil,  ici, le travail sait attendre, et ce, malgré le fait que tout le monde sait que les récoltes risquent de se perdre si elles ne sont pas cultivées. 

On prend soin du cœur de l’être humain avant tout.
….

L’Afrique m’apprend beaucoup
L’être humain mérite qu’on prenne le temps de le connaître…de l’apprivoiser…doucement…sans jugement…et ce, que  la couleur de sa peau soit noire ou blanche.
Ce qui nous différencie, ce sont nos différences culturelles, auxquelles chacun d’entre nous est très bien capable de s’adapter. 
 Personne n’a choisi le ciel sous lequel nous sommes nés.

Mais chacun d’entre nous est né avec un cœur rempli d’amour
Ces petits anges me démontrent bien à quel point l’amour peut rendre vivant
….
À quel point l’amour donne un sens à la vie


En cette période de noel et à la veille de la nouvelle année 2012, je vous souhaite de vivre des scènes semblables aux scènes qui se déroulent sous les étoiles de Mouda.

Nous avons tous autour de nous  des gens qui nous sont chers , qu’on parle de nos enfants, de notre famille ou de nos amis.
Peut importe  notre statut, peut importe nos  moyens financiers, peut importe l’état de notre santé, peut importe notre culture,
 l’amour  donne un sens à la vie.

C’est avec tout l’amour que je reçois ici en cadeau que je vous transmet mes meilleurs vœux en cette période du temps des fêtes.
 Prenez soin de vous
et de ceux qui vous entourent
...
 Je vous aime très fort.

-We Are Together-
Mel
-xoxox-


jeudi 8 décembre 2011

Que d'amour sous le ciel de Mouda!

Lorsque j’ai versé des larmes la semaine dernière en conversant avec les autres volontaires sur nos éventuels départs hors pays, aucun d’entre eux ne semblait comprendre pourquoi j’étais si triste à l’idée de quitter à jamais Mouda et ses habitants.
Nous sommes tous en train de vivre nos aventures d’Afrique dans des villages différents. Certains villages où les volontaires œuvrent  n’abritent que des gens musulmans, où les femmes  voilées restent dans leur maison jours et nuits, au service de l’homme. D’autres placements sont en ville. D’autres placements également ne se marient pas avec la personnalité du volontaire.
Chaque cas est unique.

Vivre à Mouda est unique au monde

Ce village est très chrétien…  Une prière est faite avant chaque repas et dieu nous aide à traverser  les épreuves quotidiennes.

Parlant d'épreuve, Mouda est en deuil au moment d'écrire ses lignes. Les derniers jours ont été très émouvants pour tous. Mon prochain blog tentera donc de vous faire comprendre à quel point l'entraide et la solidarité donnent de la force à l'être humain.
 On a beaucoup à apprendre de l'Afrique..
...

Donc,fait à noter également; Mouda est une grande famille.

Ici, plusieurs hommes sont polygames. Les enfants représentent la richesse. Avoir beaucoup d’enfants veut dire avoir  une grande main d’œuvre pour cultiver les champs en brousse. Les femmes peuvent donc avoir jusqu’à 15 enfants. Ces mêmes  enfants grandissent, tombent en amour, se marient et ont à leur tour beaucoup d’enfants.
Tous les gens du village ont donc le même sang et à chaque nom sa signification.

Par exemple;
Aboya= Mon image     Waby= Tu marqueras les gens qui te verront
Sinkoum= Du courage

À la naissance, les parents se consultent et choisissent ensemble le nom de l’enfant, selon les circonstances.

Afin que mes amis volontaires soient  en mesure d’avoir une empathie justifiée en voyant mes larmes lors de nos discussions, je l’ai inviterai prochainement chez moi , à Mouda .Ils pourront ainsi voir de leurs propres yeux le petit paradis qui m’abrite depuis septembre dernier.

Comme je suis maintenant totalement intégrée à ce petit village de brousse, c’est sans aucun filtre que je me permets d’être moi-même dans mes actions quotidiennes .
J’ai eu la chance d’avoir comme cadeau à ma naissance cette folle passion pour la vie, cette capacité de vivre chaque moment comme s’il était le dernier, avec le plus grand sourire qui m’est possible de partager.…
J’ai eu la chance également  de faire ma mission humanitaire sous les étoiles de Mouda, où la joie de vivre fait vibrer les cœurs.
Les passions des gens du village sont les mêmes que les miennes, soit la passion pour la danse et la musique, fous rires à tous moments, pour tout et pour rien, dépendant du nombre d’heures dormis la veille;-)

Depuis 3 semaines cependant,
l’ambiance de Mouda n’est plus la même.

Que s’est -il passé?

 Un soir, alors que j’écoutais ma musique plus forte qu’à l’habitude, plusieurs enfants sont venus chez moi. Bien que les gens savent maintenant à quel point j’ai besoin de danser ma vie, je me suis risqué à monter le volume d’un cran …J’ai accroché ma lampe frontale tout en haut d’un pilier de bois servant à faire tenir ma clôture de paille. Je me suis mise à danser en frappant des mains avec les enfants présents devant moi.
Le soleil venait de se coucher. La lune et les étoiles sont sorties, au même moment où , un à un, les gens du village, toutes catégories d’âge confondues, sont arrivés chez moi.
La scène m’a fait penser aux bébés chatons qui accourent s’abreuver lorsqu’un bol de lait chaud est déposé au sol.

À défaut qu’ici,  les chatons sont les habitants de Mouda et le bol de lait chaud,  la musique;-)

La musique, la danse et le rire ont toujours su faire vibrer mon cœur, et voilà que j’ai réussi à transmettre, sinon partager, mes passions avec ces anges de Mouda.
Cette soirée-là, j’ai transformé ma simple petite cours de paille en réelle’’ boîte de nuit’’.
 Nous avons dansé jusqu’à 11h pm.
Le ‘’Zouk’’, cette douce musique d’origine antillaise , est très populaire ici. Il est donc évident que j’ai ces chansons dans mon répertoire. Le  sens du rythme est quelque chose d’inné pour ces gens d’Afrique.  Les gens étaient donc impressionnés de constater que la petite canadienne savait danser le ‘’Zouk’’, moi qui ai dû prendre 2 ans de cours de danse pour savoir comment bouger.
Le Zouk est une musique sensuelle qui se danse à deux. Beaucoup de fous rire se sont fait entendre ce soir-là lorsque nous étions forcé de constater à quel point la timidité de danser deux à deux  nous paralysait.
J’ai donc proposé que les filles dansent avec les filles, et les garçons avec les garçons.
Mon idée fût acceptée!!
Quelle soirée, totalement improvisée…!!
C’est donc avec le plus grand  des plaisirs que je transforme maintenant ma cours en ‘’boîte de nuit’’ presqu’à tous les soirs!!!


Cette nouvelle ambiance de fête a immanquablement fait dévier la  trajectoire que j’avais  prévu d’emprunter pour les vacances du temps des fêtes;
Initialement, je devais fêter noël et la nouvelle année dans le sud du Cameroun , Limbe plus précisément,  avec les autres volontaires.

 Mais ici, depuis environ un mois,  les gens demandent à Dieu  que je sois présente à
’’ La Fête de la famille’’.

Cette fête se déroulera dans le village de Mouda le 2 Janvier prochain. C’est une tradition à chaque année  au village que de célébrer tous ensemble cette fête, au son des tams-tams  .  Tous les habitants seront vêtus avec le même  habit.
 La danse, accompagnée du vin de mil, endiablera alors  le village jusqu’au petit matin!!

Alors que je me repose un soir en écrivant ce blog, mon  cher  voisin cogne à ma porte, et ouvre celle-ci en disant;
‘’ Mélanie, viens avec moi. Des gens veulent te parler.’’

À peine sortie de ma petite cours de paille que  j’aperçue la scène suivante;

Tous les gens du village étaient assis à même le sol, devant ma maison.
 Une chaise blanche avait été déposée devant eux. On m’invite à m’y asseoir.
Mon ami s’asseoit à mes côtés, question de traduire ce que la dame la plus âgée du village s’apprêtait à me dire en ‘’Guiziga’’.

La traduction allait comme suit;
Mélanie, nous tous ici présents avons une grande faveur à vous demander.
Si vous êtes d’accord bien sûr, nous aimerions que vous soyez présente lors de notre grande fête le 2 janvier prochain.
La raison est la suivante; Nous aimerions que vous nous filmiez en train de vivre au village.
Sur la vidéo, nous allons nous présenter un à un.
Waby va préparer le vin, Bada va cueillir le coton, Sali va couper le bois, les enfants iront puiser l’eau, les femmes prépareront le repas du soir.

Nous voulons ensuite trouver le moyen de mettre les scènes sur un disque.
C’est le cadeau de départ que nous avons envie de vous donner. Nous allons ainsi tous repartir avec vous dans l’avion vers votre  pays.
Vous allez  aussi pouvoir montrer votre  famille de Mouda à votre famille au Canada.
Et nous garderons  une copie de ce disque
en souvenir de vous.

C’est aussi une façon pour nous de vous garder à jamais dans notre famille.
...
Sans vous,
Mouda  ne sera
 plus jamais Mouda
C’est en toute humilité que, devant ces gens réunis devant moi, j’ai essuyé mes larmes, en leur promettant de faire tout en mon possible pour réaliser ce  montage sur DVD avant mon départ.




Également, comme je suis habituée d’être entourée d’amour lors du décompte vers la nouvelle année, j’ai décidé  de venir célébrer le passage vers 2012, ici, sous les étoiles de Mouda.
Je sais que ces anges prendront soin de moi, comme je prendrai soin d’eux.

Fêter la nouvelle année en Afrique,  dans un petit village de paille
C’est une chance unique au monde
 À jamais, 2012 restera gravé
  dans mon coeur
dans leur coeur
dans nos coeurs
En terminant, j’ai envie de partager avec vous les paroles d’une balade qui joue à tous les soirs sous les étoiles de Mouda.

Cette balade s'intitule
''Dans tes yeux''
-Thierry Chan-

Je peux lire dans tes yeux l’immense envie de vivre
quelque chose de merveilleux.
 Le goût d’être libre.
Le jour qui se lève sur le plaisir d’exister,
toujours garder sur tes lèvres les mots qui font rêver.
Innocence absolue, de l’enfant qui sommeille en toi.
Dans le tourbillon de tes pensées, effacer les blessures du passé.
...
S’envoler tout droit vers l’avenir
le meilleur reste à venir
...
-Gros calins-
-On est ensemble-
-xoxoxox-
Mel
;-)